Beaucoup de dirigeants en âge de transmettre se posent la même question : faut-il vendre maintenant, ou attendre que « le marché reparte » ? Les chiffres 2025 et le calendrier politique apportent un début de réponse : 2026 ressemble à une fenêtre relativement lisible — et l’approche de la présidentielle de 2027 invite à ne pas trop la laisser passer.

Un marché qui a résisté en 2025

Le panorama Régions & Transmission d’In Extenso Finance recense 1 076 opérations de cession-acquisition de PME en 2025, soit un repli d’environ 12 % sur un an. Le chiffre brut peut inquiéter, mais il faut le nuancer : ce volume reste comparable à ceux de 2022 et 2023. Autrement dit, après l’euphorie post-Covid, le marché ne s’effondre pas — il se stabilise à un niveau d’activité normal, et a « résisté au choc d’incertitude ».

Plus parlant encore : les opérations de build-up — un groupe qui rachète une PME pour consolider son secteur — ont représenté 43 % des transactions en 2025, contre 30 % en 2023. Pour un cédant, c’est une bonne nouvelle : la catégorie d’acheteurs la plus solvable et la plus structurée est en pleine montée en puissance. C’est exactement la dynamique que décrit notre dossier sur la vague de départs à la retraite et les 550 000 entreprises à transmettre.

Pourquoi le cadre 2026 est confortable

L’argument de timing ne tient pas qu’à l’offre et à la demande : il tient aussi à la lisibilité fiscale. En 2026, les dispositifs structurants de la transmission sont connus et stables :

  • le pacte Dutreil, qui permet une exonération de 75 % de l’assiette taxable lors d’une transmission familiale — dont les contours 2026 sont désormais cadrés, comme nous le détaillons dans notre analyse du pacte Dutreil 2026 pour la transmission familiale ;
  • l’abattement retraite de 500 000 € sur la plus-value de cession, prorogé jusqu’au 31 décembre 2031 ;
  • les règles de réintégration des actifs non professionnels (trésorerie excédentaire, immobilier), qui ont été précisées et qu’il vaut mieux anticiper, comme l’explique notre article sur le Dutreil 2026 et les actifs non professionnels.

Un dirigeant qui structure son opération en 2026 sait à quoi s’en tenir. C’est un confort qui n’a rien d’évident en période pré-électorale.

L’incertitude qui pointe à l’horizon 2027

C’est là que le calendrier politique entre en jeu. Une élection présidentielle s’accompagne presque toujours de débats sur la fiscalité du patrimoine, des plus-values et de la transmission. Sans préjuger d’aucun programme, il est raisonnable d’anticiper qu’à mesure que 2027 approche, l’incertitude sur le cadre fiscal de la cession augmentera — abattements, dispositifs d’exonération, taux d’imposition des plus-values étant des variables classiques des campagnes.

Pour un cédant, le risque n’est pas tant un durcissement certain qu’un brouillard : négocier un prix et structurer un montage quand on ignore quel régime fiscal s’appliquera au closing complique tout. Or une cession ne se boucle pas en quelques semaines.

Le vrai sujet : le délai d’une cession

Une transmission bien menée prend 12 à 24 mois entre la décision et la signature — souvent davantage si l’on intègre la phase de préparation. Diagnostic, valorisation, mise en marché, lettre d’intention, due diligence, négociation, closing : chaque étape a son rythme. C’est précisément pour cela qu’il faut anticiper sa transmission 5 à 10 ans à l’avance.

La conséquence est mécanique : pour qu’une opération se concrétise sous le cadre connu de 2026, il faut l’enclencher dès maintenant. Attendre « de voir » après 2027, c’est accepter de mener sa cession dans l’incertitude — et, le cas échéant, sous un régime moins favorable. Pour les dirigeants qui préfèrent rester maîtres du calendrier, des options comme la reprise interne par les salariés ou le management (RES, MBO) gagnent aussi à être préparées tôt.

Ce qu’il faut retenir

2026 n’est pas une année de braderie : c’est une année lisible, avec un marché stabilisé, une demande de build-up dynamique et un cadre fiscal connu. La vraie urgence n’est pas de vendre vite, mais de commencer tôt — pour que l’opération aboutisse avant que le calendrier politique ne rebatte les cartes.

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